Sujets de réflexions

Accompagner le deuil

La blessure de la perte nous affecte tous. Elle prend différents visages et nous met face au défi de continuer d’avancer et de faire confiance au chemin qui s’ouvre devant nous, le cœur en paix.

Accompagner le deuil pour THERACORPS c’est permettre à la personne qui éprouve cette blessure d’aller au-delà du « temps suspendu » dans lequel cette épreuve nous fige parfois et accompagner cette blessure dans toute sa dimension et les formes qu’elle emprunte. C’est permettre à cette personne de « faire son deuil » comme on le dit si communément.

Qu’est-ce que « faire son deuil » selon THERACORPS

C’est parvenir à donner une issue aux conflits qui opposent en soi deux réalités contraires :

  • retenir ce qui nous échappe
  • laisser partir ce qui n’est plus

Ce conflit est d’autant plus intense que nous nous sommes liés à « l’objet d’amour » symbolique ou concret qui a disparu.

La douleur de « l’arrachement »

Cet attachement s’élabore sur le modèle d’une « peau commune » entre nous et l’objet d’amour comme entre le nourrisson et le corps maternel. Qu’il s’agisse d’un projet, d’une promesse, d’un rêve, d’un statut ou d’une personne, cette fusion partielle ou totale tend à confondre les frontières identitaires territoriales entre la personne et son « objet ». Une des conséquences directes de cette confusion est d’attribuer à l’objet d’amour la charge de nos points d’appuis identitaires. La maxime « je ne suis rien sans l’autre » illustre parfaitement cette tendance.

Aussi la disparition progressive ou brutale de l’objet d’amour fait aussi bien figure d’un arrachement que d’une menace pour sa propre intégrité physique. Tel un nourrisson à qui on retire le sein maternel, le corps craint pour sa survie.

L’impact sur notre organisme

Qu’elle soit symbolique ou concrète, la « mort » impacte notre organisme à trois niveaux de réalités distinctes :

  • Elle nous confronte de manière abrupte à notre propre finitude et dissout l’illusion de la Toute-Puissance. Elle met en tension l’intégrité de notre organisme qui ne parvient ni à penser le néant ni à s’y résoudre.
  • Avec elle s’effondrent les rêves, les projets et la réalité portés par cet objet d’amour auquel nous étions liés. Ce n’est pas seulement l’objet d’amour qui disparaît mais une partie de notre mémoire identitaire qui se désagrège avec.
  • Enfin, toute relation avec un événement ou une personne est régie par la satisfaction de besoins primaires – sentiment de sécurité, de légitimité, de valorisation narcissique ou de dépendance infantile – dont la perte crée un vide qui n’est plus comblée.

Le corps adsorbe l’onde de choc de la perte dans ses différents systèmes physiologiques – surrénales, thyroïde, arc nasal… – qui entrent dans le champ d’application de la microkinésithérapie d’une part et, d’autre part, dans ses dynamiques psychiques que nous rencontrons à travers l’Expérience Sensorielle.

Les dynamiques du deuil

  • Le déni

Le déni, c’est refuser de voir le réel. Fermer les yeux, détourner le regard, tourner le dos est la première ligne de défense du moi qui protège ainsi par ce réflexe de fuite son intégrité psychique contre le transpercement de l’angoisse. Ce rempart permet de diluer la charge phénoménale de l’affect qui menace de submerger la personne et lui laisse le temps de négocier le réel jugée insoutenable en première intention.

  • La colère

La colère procède d’une seconde ligne de défense. Elle est nourrie par la frustration à son besoin de permanence et de sécurité pérenne. Elle s’oppose ainsi à l’inacceptable en accusant la nature « injuste » du réel, qu’elle soit propre à l’objet d’amour lui-même ou du fait d’un événement extérieur.

Cette frustration qui se décharge en agressivité repose en grande partie sur le sentiment d’impuissance que nous éprouvons face au réel inéluctable. La colère est portée par une volonté farouche de réparation qui dynamise le sujet et contribue à travers ce « besoin de vengeance » à reconquérir une « puissance » dont le réel nous a dépossédé.

Si cette colère est salvatrice puisqu’elle ordonne au sujet de se relever pour exiger réparation de l’injustice subie, elle devient préjudiciable à long terme puisqu’elle soumet le sujet à une vendetta qui le détourne d’un ici et maintenant ouvert au futur et serein.

  • Le marchandage

Le marchandage procède d’un besoin similaire de reconquête d’un « pouvoir perdu ». Ici c’est la puissance démiurgique qui est sollicitée afin de renégocier le réel : Et si j’avais dit, j’avais fait… La puissance de l’imaginaire tente de masquer la réalité du déni au profit d’une fiction parallèle où le réel est sans cesse recréer. Mais cette réalité fantasmée est chaque jour transpercée et mise en échec par l’évidence abrupte du réel partagé : l’événement a eu lieu. Ce marchandage nourrit malgré lui une culpabilité qui bloque nos capacités de résilience.

  • Le défi de loyauté et le veuvage

Le défi de loyauté & le veuvage placent le sujet dans une posture qui lui refuse de « refaire sa vie ». Le sujet reste fidèle à ses idéaux, à ses rêves, à l’objet d’amour passé et s’interdit de s’ouvrir à l’inédit, de se tourner vers un futur qui demande à être inventé, sous le prétexte du principe de loyauté et le veuvage qui lui est consécutif. Le sujet abdique son propre espace de créativité et les attributs de sa propre nature pour vivre dans l’ombre de ce qui a été.

  • Le chagrin

Le chagrin est un marqueur somatique qui nous permet de nous ajuster à la perte. Il consigne le mouvement naturel d’une émotion selon sa nature propre et permet de purifier la mémoire corporelle de ses « peaux mortes ».

La dépression est d’un autre nature, elle distingue une sidération traumatique qui ne permet plus au sujet d’être pleinement présent à lui-même dans le ici et maintenant de son être-là parce qu’il est sans cesse débordé par un passé qui surgit de manière inadaptée dans son propre présent.

  • La résilience

La résilience est une force propre à chacun qui permet d’intégrer les dynamiques psychiques qui se présentent à nous en réponse à un événement qu’elle qu’en soit la nature et le dénouement. A travers les différents outils de note coaching (Recentrage Méditatif, Conscience de Corps, Mouvement Guidé, Énergétique Posturale) nous accompagnons cette force de résilience à tous les niveaux du complexe émotionnel dans lequel se trouve la personne. Accepter son déni nous en libère. Accepter sa colère nous autorise le pardon. Accepter le réel nous permet de vivre pleinement sa tristesse. Vivre son chagrin nous conduit à nous défausser d’un veuvage qui n’a peut-être plus lieu d’être et à nous autoriser une renaissance qui n’est pas un affront à la mémoire de l’objet d’amour perdu.

Ultime dynamique du deuil, la renaissance nous invite à faire peau neuve, notre expérience du réel enrichi de la valeur des « choses ».

La renaissance nous parle du chemin qui s’ouvre devant nous, non pas vide de notre passé, mais le cœur comblé de celui et celle que nous sommes devenus aujourd’hui.

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Accompagner la perte de sens

Qu’est-ce que « la perte de sens » selon THERACORPS ?

C’est l’absence de réponse claire et fiable à deux questions majeures :

  • Pour quoi ?
  • Vers où ?

L’absence de réponse à ce besoin essentiel, aussi bien individuel que collectif, nous plonge dans le désarroi de l’immobilisme contraint. Elle trouble la puissance de nos élans et la qualité de notre « être-là ».

Sans désir, pas de chemin

Ce désarroi est d’autant plus préjudiciable qu’il désavoue notre désir de conquête, de découverte et d’innovation qui font le sel de la vie. Il ferme l’horizon et nous plonge dans l’obsession angoissante du vide et du chaos que cette stupeur nous empêche d’ordonner. En définitive il saborde nos capacités de résilience et d’ajustement.

Crise sanitaire

La crise sanitaire que nous connaissons actuellement, les choix stratégiques qui lui sont opposées et les injonctions contraires qui bouleversent notre quotidien est particulièrement impactante de ce point de vue :

  • Parce que les êtres humains que nous sommes aspirent à faire partie d’une communauté, il nous faut du lien.
  • Parce que les êtres humains que nous sommes aspirent à développer notre nature sensible, il nous faut « toucher » l’autre, donner à ce contact toute sa saveur empathique, tactile.
  • Parce que les êtres humains que nous sommes aspirent à croître et prospérer, il nous faut des perspectives.

Le sentiment d’isolement qui accompagne les périodes de confinement met en péril les points d’appuis de nos aspirations fondamentales.

Une jeunesse « sacrifiée »

Ce péril est d’autant plus vrai pour nos adolescents et nos jeunes adultes qui ont besoin de se projeter et d’édifier les contreforts de leur future autonomie. Plus que quiconque le lien social, fraternel, communautaire, leur est indispensable pour penser une société à laquelle ils doivent naturellement et normalement apporter un vent de fraîcheur et de renouveau.

Cette jeunesse et la promesse qu’elle porte en elle se retrouve ainsi compromise, prise entre le marteau et l’enclume pourrait-on dire. Une situation absurde qui pourrait se résumer ainsi : pour s’empêcher de mourir, arrêtons de vivre. La société fait ainsi supporter sur leurs frêles épaules portées par la nécessaire insouciance qui justifie cet âge, tout le poids de ce paradoxe nihiliste.

Cette négation du « quoi qu’il en coûte » a inévitablement un prix : elle nous coupe de notre lien aux forces instinctuelles du Vivant et sacrifie le goût des choses. La perte de sens n’en est que la conséquence directe.

Quelle réponse apporte THERACORPS ?

Comme la plante dont les racines plongent plus profondément dans la terre pour aller chercher les nutriments indispensable à sa survie et sa croissance, nous devons dans ces moments où le « pour quoi » et le « vers où » nous échappe plonger plus profondément à l’intérieur de nous-même, nous ancrer davantage dans notre être-là afin de puiser dans les fondements même de ce qui fait notre force. Il nous faut aller aux racines de notre humanité, aux sources même de cette pulsion de vie, promue et transmise par nos ancêtres de générations en générations et dont la persévérance tenace a aboutit à notre naissance. C’est là, dans cette reliance aux forces actives du Vivant en nous que se trouve une des réponses à cette épreuve que nous traversons tous et toutes.

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Le sentiment d’impuissance

Le sentiment d’impuissance s’enracine sur l’effondrement de notre capacité à agir, soit en vue de satisfaire nos besoins fondamentaux, soit en vue de nous protéger ou de protéger nos proches contre un transpercement de notre intégrité physique ou morale.

Cette mise en échec lorsqu’elle s’inscrit dans la répétition ou accompagnée d’une frayeur intense nourrit une dévalorisation narcissique qui cultive en retour ce sentiment d’impuissance quelque soit notre niveau de responsabilité objective dans la mise en acte de cet effondrement : un enfant qui pleure parce qu’il ressent la douleur ou la faim ne peut être tenu responsable d’une absence de réponse favorable des personnes auxquelles il destine ces signaux. Et pourtant, sa mémoire corporelle enregistre une mise en échec à faire réagir son environnement.

Cette dévalorisation narcissique entre honte et dégoût de soi n’est pas justifiée dans des situations où ce sont nos réflexes archaïques de survie qui pilotent nos réactions. Cette partie de notre cortex héritière de l’ère reptilienne va out faire pour nous éviter le pire, au mépris de notre amour-propre, émotion sophistiquée et prenant sa source dans une fonction auto-contemplative à laquelle le lézard en nous n’a pas accès. Mais lors du ressassement permanent de l’événement traumatique, nous faisons participer ces aires émotionnelles et cognitives totalement absentes lors de l’événement initial pour lequel nous nous entendons dire : et si j’avais su, et si j’avais dit, et si j’avais fait… rejetant la faute dans l’abîme du passé, ce qui tend à dissoudre encore plus totalement notre autorité dans une distance devenue impossible à franchir.

Comment redresser son autorité selon THERACORPS ?

Redresser son autorité c’est permettre au corps d’achever le cycle des élans engagés dans l’événement initial et de décharger complétement l’énergie motrice qui demeure mobilisée dans note organisme : utiliser sa voix pour capter l’attention, repousser, atteindre, tirer…